Sur la route en Equateur !
Expé août 25th, 2008
Nous avons rejoint Bernard, Madeleine et Roland en Equateur. Quelle joie de se retrouver ! Un an déjà et tant de choses à se raconter !
Tad, trop content de retrouver son grand copain Roland, ne l’a pas quitté durant ces trois semaines passées ensemble. Pendant ce séjour en Equateur, Bernard, Madeleine et Roland ont partagé notre quotidien de baroudeur. Ensemble, nous avons suivi l’axe de la panaméricaine, d’Otavalo à Alausi en passant par Papallacta, Quilotoa, Ingapirca…
Un des moments forts de ce périple fut la laguna de Quilotoa.
Nous avons passé une soirée mémorable et pour certains une nuit inoubliable …. !!!!!
Nous laissons Bernard en parler pour l’avoir vécu intensément !
La lagune de QUILOTOA.
« Bien que nous sommes à 3900 mètres d’altitude, ce serait mentir de dire que notre passage à QUILOTOA forme le pic de notre voyage. Ceci dit, bien que souffrant de l’absence de quelques rayons de soleil, l’expérience vécue mérite d’être contée pour son autre rayonnement.
Arrivés à QUILOTOA, un village surplombant la lagune du même nom, Madeleine aurait souhaité que nous nous arrêtâmes chez « Umberto Latacunga » pour passer la nuit, le seul hôtel mentionné dans le « Guide du routard ». Mais voilà, le sort en fut autrement. Jean-Noël, au volant de Caonabo, lequel nous précédait, stoppa le camion au milieu du village et, sans le savoir, à la hauteur de la lagune encore invisible à nos yeux.
Tandis que je quittais le 4×4, Stéphanie descendit du camion, et nous nous retrouvâmes afin que nous puissions faire le point sur notre halte. Nous sommes alors accostés par un homme qui nous propose le gîte et le couvert. Il nous invite à visiter les lieux, son hôtel devant lequel nous avons par hasard garés les véhicules.
Stéphanie et moi pénétrons dans la maison au toit de paille, une « cabanas ». La première pièce est composée d’un poêle et d’un lit pour deux personnes (la couche de nos futurs gardiens pour la nuit).
La seconde pièce, face à l’entrée, est la salle à manger. Elle comprend une grande table et des chaises, et dans un coin sur une autre table des objets et des vêtements artisanaux. Enfin, la 3ème pièce, à droite de la première est la chambre à coucher. C’est un dortoir composée de 6 ou 7 lits. La pièce donne accès à une salle d’eau et bénéficie d’une cheminée. Notre hôte nous promet qu’il y fera un feu et qu’à la « tardé » l’électricité pour l’éclairage de la pièce fonctionnera. Il nous promet également l’eau chaude pour la douche. L’ensemble de la bâtisse et ses agencements sont rudimentaires mais semblent suffisants pour accepter l’offre de notre hôte qui en réclame un prix très raisonnable. D’autant que Stéphanie me suggère d’accepter voyant en ce lieu une opportunité pour être au plus près de la population autochtone. J’en avise Madeleine restée dans la voiture en compagnie de Roland. Quelle confiance !
Maintenant, l’heure est à la balade. Nous avançons de quelques mètres au dessus de la cabanas afin de contempler la lagune. Magnifique ! Même si la cime des deux volcans au loin, derrière la lagune, est cachée par les nuages confirmant ainsi le dicton qu’en Equateur les volcans se cachent pour les étrangers. La descente est prévue pour le lendemain matin. Quelques chiens nous accompagneront,
et je me demande encore pourquoi. Une fois en bas, il faudra remonter. La pente est raide (40 minutes pour descendre et presque le double pour remonter). Pour les enfants et ceux qui le souhaiteront, la remontée pourra se faire à cheval ; un moyen de transport guère plus rapide, mais beaucoup moins fatiguant.
La veille au soir de la promenade sportive, les membres de l’expédition Ayabombé et nous trois partageons le repas chez notre hôte. Manuel, c’est le nom de notre hôte, a tué un poulet pour les plaisirs de la bouche. Les plus affamés se saisiront de couverts plus ou moins propres, les couverts du dessous ayant quant à eux conservés les traces de précédents repas. Le menu, composé d’une soupe et d’un plat, fût copieux et bon.
Durant ce temps, la maîtresse de maison assise sur le sol en terre battue tentait d’allumer le feu dans le dortoir. Une fumée grisâtre s’échappait de la cheminée à l’intérieur de la pièce et non par le conduit, recouvrant ainsi d’un épais manteau les vulgaires poutres du plafond déjà bien bas. L’angoisse m’envahit. Non seulement nous aurons à passer la nuit dans un lieu humide, les murs conservaient les traces de plusieurs pluies ; dans un endroit froid au sol bosselé en terre battue lequel exigeait d’énormes cales en bois pour maintenir ici et là quelques pieds de lits. Non seulement nous devrons nous reposer sur des couches aux couvre-lits sales (vu trop tard), nous aurons à prendre le risque de respirer la fumée et peut-être ne pas nous réveiller au petit matin.
Après le dîner, nous nous retrouvâmes autour de l’unique poêle de la première pièce : un feu qui consumait des bûches et qui semblait brûler l’oxygène dont j’avais besoin tellement l’odeur du bois brûlé était prégnante. Les enfants de Manuel nous rejoignirent. Il y avait deux grandes jeunes filles, un petit garçon et une autre petite fille. Celle ci avait les chaussures trouées sur le dessus et le col gonflant de son chemisier descendant jusqu’au milieu de sa poitrine accusait la saleté par un rouge noirâtre. Elle demeurait cependant belle dans son uniforme traditionnel, un chapeau sur la tête. Le petit garçon avait lui aussi les chaussures trouées sur le dessus, mais elles étaient dépourvues de leurs lacets. Son visage barbouillé lui donnait un air de tristesse. Quant aux deux jeunes filles, coiffées d’un chapeau et d’une unique natte descendant sur leur dos et où les couleurs bleue et rouge de leurs costumes se mariaient harmonieusement, il fallait regarder de près pour percevoir quelques tâches de saleté sur leurs chaussettes blanches. Enfin, la maîtresse de maison revînt vers nous, pour alimenter cette fois le poêle gourmand de bûches. Vêtue elle aussi du costume traditionnel, sa jupe légèrement plus courte sur l’arrière et rehaussée sur les côtés lui rebondissait le fessier et lui taillait des hanches à la serpe.
Ainsi, chacun s’observait et il m’aurait été agréable de savoir ce que ces jeunes et adultes pensaient de nous.
La conversation était animée par Stéphanie et Jean-Noël qui maîtrisent l’espagnol. La soirée fut clôturée et arrosée d’un petit alcool blanc offert par Jean-Noël dont j’ai oublié le nom. Seuls les hommes ont bu. J’ai bénéficié d’une double dose, Madeleine m’ayant laissé son verre. Une aubaine pour moi, j’irai me coucher sans me poser trop de questions.
Curieusement, la fumée du dortoir avait disparu. S’était-elle échappée par le toit ou dans les poumons de Roland, Clémentine, Noëline et Taddéo, lesquels étaient restés jouer dans cette pièce ? Je ne sais pas. Par contre, le feu était quant à lui presque éteint. Aussi, nous avons mis en exécution ce que nous avions décidé. Nous nous sommes couchés tout habillé. Il y avait des interrupteurs pour éteindre les lumières. Toutefois, pour éteindre l’éclairage central il fallait se brûler les doigts en dévissant légèrement l’ampoule du plafonnier. C’est comme çà chez Manuel, la lumière est un ressenti.
A propos de ressenti, ce que j’ai vraiment perçu ce sont les sourires qui illuminèrent tour à tour les visages de ces jeunes enfants venus nous observer, lesquels étaient à leur tour observés.
Des sourires ponctuels qui éclairaient leurs visages et même bien au delà. Des sourires qui réchauffaient l’ambiance. Fallait-il aller si loin et si haut pour apprécier le caractère universel du sourire ? Peut-être.
Dans tous les cas, notre passage a été pour certains un moment de bonheur, et de surcroît un vrai bonheur pour Manuel, fût-il un excellent commerçant. Il fallait voir Manuel couper le bois pour ses invités, et pour lui même. Comme il était heureux à s’activer pour autrui, même si nous étions ses clients. Moi aussi, j’ai été heureux. Heureux d’avoir fait commerce avec lui, même si l’eau chaude promise de la douche était glacée.
Heureux de le rencontrer, de les voir, et j’ai surtout été ébloui de leurs sourires lumineux.
Aussi, je recommande l’HOSTAL LA CHOSITA à Zumbahua – Quilotoa. Demandez Manuel UMAJINGA, proprietario. Les paysages, l’expérience et les sourires valent le déplacement et bien plus que tout l’or du monde. »
Bernard FAIVRE.
Bernard, Madeleine et Roland nous ont quitté. On a aimé voyager avec vous, revenez vite !
Excités, les enfants attendent avec impatience l’arrivée de la famille Boulot !
Toute l’équipe sur la ligne de l’ Equateur

Marché de Pujili


Maison traditionnelle dans les montagnes sur la route de Quilotoa


Lagune de Quilotoa

Quilotoa

L’hotel de Manuel

Soirée avec Manuel et sa famille (pour info, l’alcool blanc était du mezcal)

L’indien de Quilotoa

L’indienne de Quilotoa surveille son père et sa soeur

Manuel

Fabrication de bonbon à Banos

Traversée en nacelle du côté de Banos

Comedor de village

Partie de Pictionnary dans le camion

Ruine Inca d’Ingapirca

Un habitant des ruines

Clem et son poncho en alpaga

Les 9 ans de Nono

Cathédrale de Cuenca

Petites filles dans Cuenca

L’église du marché aux fleurs dans Cuenca

Les thermes de Papallacta (pour info, l’eau était à 40°)

Colère sur la ligne de l’Equateur

Le marché d’Otavalo

Combat de coqs à Otavalo

Préparation des coqs au combat (pose des pics sur les ergos)

Sté ne fait pas le poids face à Roland
