Encore au pérou !
Expé décembre 3rd, 2008
Et oui !!!! Toujours au Pérou ! Pourtant la saison des pluies arrive, mais nous n’arrivons pas à aller plus vite pour aller chercher le soleil au Chili ou en Argentine. Le Pérou est si riche de trésors archéologiques et les paysages sont grandioses ! Alors on en profite…
Après avoir quitté Trujillo, nous sommes allés faire un tour dans la cordillère blanche, chaine de montagnes avec des sommets entre 5 000 et 6 000. Mais avant d’apercevoir ces cîmes enneigées, il faut traverser la cordillère noire et le canyon de Pato.
Victime du succés de sa voisine, la cordillère blanche, la cordillère noire est souvent délaissée, dommage car elle n’a rien à lui envier, si ce n’est la neige! Après une piste infernale de 4 heures, nous avons eu le temps d’admirer ses falaises, ses pentes noires, rouilles, ocres et ses crêtes découpées comme des dents de chat.
Après la piste éprouvante, il nous a fallu passer le fameux canyon de Pato ! Super ! J’ai une fois de plus testé les freins passager !
Pour décrire le tout : une piste étroite et sinueuse, 35 tunnels de pierres taillés à la main et à gauche….un trou ! Le canyon et une rivière qui s’écoule paisiblement pendant que d’autres stressent tout en haut…
J’ai serré les fesses, j’ai prié pour qu’ aucun bus ne nous croise car déjà, nous, c’était parfois juste pour passer, mais à 2, c’est sûr, ça ne passe pas !!!! J’ai même fermé les yeux, quand en plein tunnel il a fallu faire une marche arrière car nous nous sommes retrouvés nez à nez avec un bus ! Où sont allées mes prières ??? Ceci m’a tout de même permis de voir que ça passe à 2 !!!!
Même Jean No a eu des doutes avant de prendre le dernier tunnel tant il était étroit et bas, mais nous sommes passés.
Et enfin…. Majestueuse, la cordillère blanche se dévoile…. Devant ce paysage parfait, le coeur se met à battre plus vite,
se serre, pour enfin se calmer….
Chaque pic semble avoir été dessiné tant ils se découpent parfaitement dans un ciel d’un bleu si pur.
Au milieu de ces géants blancs, des lagunes glaciaires se sont créées.

La Cordillère noire

Canyon del Pato




La Cordillère blanche
Nous aurions aimé aller à lagune de Paron, mais l’accés était bloqué par les locaux. Une centrale électrique appartenant à une société américaine est installée au bord de cette lagune. L’entreprise ne respecte pas les accords et prélève trop d’eau dans la lagune, causant bien entendu des dommages biologiques et écologiques. Les bénéfices ne reviennent pas aux villages proches de cette centrale, seule de la poudre de perlimpinpin est distribuée sous forme de quelques livres scolaires ou gommes. Nous avons bien sûr été décus de n’avoir pu voir cette lagune, mais nous sommes de TOUT coeur avec le village de Paron et ses habitants !
Par contre, nous avons pu aller aux lagunes de Llanganuco.
La première lagune est une lagune d’un bleu turquoise aux reflets verts entourée d’un côté par des roseaux et de l’autre côté par des arbres croissants ou polypépis, ce sont des arbres qui s’adaptent à des changements de températures extrêmes. Ils n’ont pas d’écorce et sont doux au toucher.
Et au fond, un pic blanc se détache dans le ciel si bleu.
La deuxième lagune suit tout de suite dérrière, moins pure, moins jolie mais non dénuée de charme.
Entre les deux, on aperçoit un glacier aux reflets verts, bleus…. Silence. On peut entendre la glace craquer et bouger….
Montagnards de naissance ou de coeur, nous sommes restés sous le charme !


Pour aller visiter le site le plus vieux du continent sud américain, Chavin de Huantar, nous avons passé un col à 4 517 mètres d’altitude. 300 mètres de plus et « nous étions au sommet du mont blanc »….
Chavin de Huantar est un site cérémoniel où pour devenir chaman il fallait passer une succession d’épreuves, comme entrer dans les labyrinthes sans lumière, après avoir bu des substances hallucinogènes, et trouver la sortie.
A noter que pour passer d’un endroit à un autre, il fallait se faufiler dans des passages de la taille d’un conduit d’aération.
Les enfants ont adoré jouer aux apprentis chamans en se faufilant d’un endroit à l’autre, mais sans drogues et avec la lumière, trop facile ! De toute façon, ils n’étaient pas d’accord pour éteindre les lumières !


Site archéologique de Chavin de Huantar




Après un passage éclair à Lima, nous avons continué notre route vers le sud.
On ne peut pas tout faire et on ne peut pas tout voir. Parfois, c’est même le porte monnaie qui nous pousse à faire des choix ! En Equateur, par exemple, nous sommes passés à côté des îles Galapagos car c’est un sacré budget!
Pour se rattraper, nous sommes allés aux îles Ballestas surnommées « Les Galapagos du pauvres » !
C’est un archipel de 3 îles peuplées de pétrels, de fous blancs et de cormorans, de phoques et de quelques pingouins.
Nos préférés: les pingouins ! Célestine a adoré les phoques !





Nous avons retrouvé nos amis Azimut à la lagune de Huacachina, nous nous étions séparés juste avant de prendre la piste menant à la cordillère banche, ils n’avaient pas voulu la prendre.
La lagune de Huacachina est un oasis dans un désert de dunes de sable.
Et c’est ici que nous avons fait nos premiers essais en surf de sable. Trop bien ont dit Tad et Clem! Mais ils préfèrent le surf de mer ou de neige. Pas si facile ! Les photos parlent pour moi !


Aïe ! Aïe !





Aïe, aïe !!


Pour info, le petit point au sommet de la dune, c’est Clem !


Oasis !
Plus au sud, nous avons pris l’avion pour découvrir les lignes de Nazca, ces lignes qui suscitent tant de questions et d’interrogations.
Alors, pourquoi ont elles été tracées ? Calendrier astral ? Signes pour les extras terrestres ? Ou tout simplement une offrande à leurs dieux ?
J’opterais pour cette dernière version. Il y a même une spirale et on pense qu’elle servait de parcours initiatique dans le chamanisme.
Quelle que soit l’ hypothèse retenue, ces lignes tacées au sol sont impressionnates.
La civilisation Nazca s’était installée dans ce désert et pour parer au manque d’eau, ils ont construit un système d’aqueducs et de puits pour amener l’eau provenant de la cordillère.

La baleine


L’astronaute

Le singe

Le chien

L’araignée

Le colibri

Les mains

Les autres font l’école, moi je dessine !!

Site funéraire du côté de Nazca avec des momies


En prenant la route pour Cuzco, nous avons fait une étape au village de Cachora. De là, nous avons loué mules et chevaux et nous sommes partis pour un trek de 5 jours. 64 Km, 1 500 mètres de dénivelé, des montées, des descentes et Chocaquir’aw ! Un site inca au milieu de nulle part.
Cette cité n’a jamais été découverte par les espagnols et elle a servie de refuge aux derniers incas. Un trek difficile, mais qui vaut vraiment la peine.
CHAPEAU BAS à …. Clémentine ! C’était dur, très dur. Des trekkeurs nous avaient prévenus, les guides aussi. Et Clémentine, du haut de ses 11 ans a marché 64 Km. Bravo !
Clémentine tu nous as bluffés, impressionnés ! Tu as reçu l’admiration de nos guides Célestino, Eli, Alberto, mais aussi de Benoît et de Bernadette.
Mais surtout, de nous…. Nous t’aimons.

Départ du trek



Un condor nous souhaite la bienvenue !





Enfin au sommet !

Choquequirao


Les terrasses de cultures avec les lamas




Moi aussi, j’ai fait le trek !

J’ai eu aussi la varicelle pendant le trek



Bravo Nono qui a fait 16 kms le dernier jour !
Maintenant, nous sommes à Cuzco pour reprendre quelques forces….
Exceptionnellement, je voudrais clore cette mise à jour en disant quelques mots sur un sujet qui me tient à coeur : l’éducation.
Je l’ai souvent écrit, Caonabo ne passe pas inaperçu. A chaque bivouac des enfants nous entourent.
Nous discutons ensemble. Bien souvent ils ne savent pas situer la France, ce pays 3 fois plus petit que le Pérou. Ils imaginent la France comme étant un état des Etats Unis, situé donc quelque part au milieu de l’Amérique du Nord. Nous parlons donc forcément anglais.
L’Europe semble être une notion bien vague. Certains ont parfois du mal à retrouver le Pérou sur notre carte.
Pourquoi ?
L’écrivain péruvien Alfredo Bryce Echenique a écrit dans un article de journal portant sur l’éducation : » le Pérou s’est foutu dedans à l’instant même où nos conquistadores, l’analphabète Pizzaro à leur tête, décidèrent de décapiter le système éducatif des Incas »
Le système éducatif des incas était riche: hydraulique, astronomie, comptabilité, musique, théâtre, histoire, politique, architecture….
Malgré toutes les connaîssances des Incas, ils ne maîtrisaient pas l »écriture. Ils transmettaient leurs savoirs oralement.
Lors de la conquête espagnole, les conquistadores éliminèrent tous les intellectuels et les enseignants. Chaque maître ou enseignant tué, c’est une bibliothèque brûlée….. Et ce dans le but de détruire ce système éducatif jugé inutile!
Ensuite, pour assurer leur suprématie, les espagnols ont laissé et maintenu le peuple dans l’ignorance.
Ce n’est qu’à partir des années 1900 que la scolarisation devient obligatoire et que l’éducation devient une priorité.
Mais les gouvernements se succèdent, les présidents se suivent semblant apporter un air de changement….Mais rien ne change.
Ils ont pris conscience que l’avenir du pays passe par l’éducation, mais les régimes corrompus et le manque d’argent font passer l’éducation au dernier plan des priorités.
Les enseignants sont très mal payés: d’un salaire mensuel de 1000 dollars, ils sont passés à un salaire de 250 dollars.
Les horaires de classe ne respectent en rien le rythme de l’enfant, mais permettent de respecter l’obligation de scolarisation et de laisser du temps pour que l’enfant puisse travailler dans les champs ou en ville pour aider sa famille.
Sans compter le nombre d’enfants non scolarisés: école trop loin, manque d’intérêt, besoin d’une main de plus aux champs ou d’un salaire de plus à la ville….
Ici, pas de transport scolaire. Dans les Andes, certains élèves se lèvent entre 4 et 5 heures du matin pour faire 3 ou 4 heures de marche avec un petit pain dans le ventre. A 10 heures du matin, ils s’endorment sur leurs pupitres. A 13 heures ils rentrent chez eux sans avoir rien mangé, ils prennent leur unique repas à 16 heures. Ils finissent la journée en travaillant pour aider la famille.
Comment peuvent ils comprendre que s’instruire peut leur permettre d’accéder à mieux ?
La conquête espagnole et portugaise était inévitable, mais elle aurait pu se passer autrement. Respecter la dignité et la vie de ces peuples Incas aurait été un minimum.
Et ce massacre humain, au nom de quoi ? De la religion. Les catholiques se sont permis de juger cruelles et barbares les pratiques religieuses des Incas, se donnant ainsi le droit de vie ou de mort sur les Incas.
Qui ont été les plus cruels ?….
Et je n’ai parlé que de l’éducation…..