Articles du mois de août, 2010

Welcome in Jordan !

août 1st, 2010

La frontière  jordanienne passée, les « Welcome » fusaient de tous les côtés comme une promesse de l’accueil que l’on pouvait nous réserver.
A la boulangerie, à l’épicerie, dans la rue,  on entend des « Welcome » de tous les côtés ; nous en sommes même arrivés à penser que c’était comme un reflexe Pavlovien: « Tiens un touriste ! Welcome »
En fait la Jordanie est un tout petit pays coincé entre les territoires Palestiniens et l’Irak, des pays où la guerre et les conflits sont d’actualité.
Face à ces conflits, les dirigeants  Jordaniens ( le roi Hussein et le roi Abdallah) ont fait preuve d’une grande diplomatie en prenant une position neutre et en s’attirant ainsi la sympathie de l’Occident et des américains.
La Jordanie est ainsi devenue une terre d’accueil pour les réfugiés Palestiniens et Irakiens, mettant à mal le système de santé et d’éducation du pays.
Pour parer à ces difficultés, la Jordanie reçoit de nombreuses aides financières de l’Occident et des Etats-Unis, des aides qui sont devenues une source importante de revenus pour ce pays relativement pauvre et sans grandes ressources.
De ce fait, la politique gouvernementale est de réduire cette dépendance aux pays étrangers et de faire du tourisme une des principales ressources du pays.
Terre riche en histoire et Petra ayant été elue une des sept nouvelles merveilles du monde, ce pays a tous les atouts de son côté.
La consigne est bien passée, et le touriste est accueilli les bras ouverts.
Welcome in Jordan !
Mais on a tout de même trouvé un petit côté superficiel à cet accueil, comme s’il manquait un peu de sincérité…
A la fin, les « Welcome » automatisés en sont même devenus agaçants !
Pour nous touristes, le revers de la médaille s’est fait sentir : nous sommes arrivés en Jordanie un mois après une inflation exceptionnelle des tarifs pour les entrées des sites touristiques.
Par exemple, la Jordanie essaye de développer le concept de parcs naturels. Nous voulions faire une randonnée dans la réserve d’Aljoun, et une simple randonnée de 2h00 nous revenait à 100 euros pour nous 6 !!! Pas mal ! Le prix d’entrée du Wadi Rum a subi une augmentation de 200%, Petra de 50%…

Site archéologique de Jerash

Mer morte

Mer rouge

Nous avons traversé le pays du nord au sud, jusqu’à arriver à quelques kilomètres de l’Arabie saoudite et de l’Egypte.
Notre coup de coeur en Jordanie : le Wadi Rum ! Nous avons passé 4 jours au milieu de ce désert de montagnes aux formes arrondies, séparées par des vallées de sable rouge.
Se retrouver seuls au milieu de ce paysage de rêve avec pour compagnons les dromadaires : Waouhhh!
Ces moments uniques au bout du monde, c’est ce qui fait la magie d’un voyage…
Caonabo a fait ses premiers tours de roue dans le sable sans souci, même si nous nous sommes ensablés deux fois….
Les enfants étaient tous excités à l’idée de sortir pour la première fois les plaques de désensablage que nous nous trimballons depuis 3 ans et qui n’ont jamais servies !
Et bien non, encore une fois elles sont restées accrochées au camion !!! Les enfants se sont couchés sous les roues et ont creusé… C’était suffisant pour nous sortir de là !
Pour mieux nous imprégner du désert, nous avons fait une randonnée qui ne devait prendre que deux heures.
Mais face à l’immensité du désert, nous avons trouvé le moyen de nous perdre…
Nous devions faire une boucle qui passait par un canyon que nous n’avons jamais trouvé… Pas de canyon, mais un massif montagneux que nous avons escaladé…
La petite promenade est devenu une marche de 5 heures, sous 45°C et avec peu d’eau ! Et en même temps, celà restera un souvenir formidable !

Les 7 piliers de la sagesse !

Notre retour de balade

Promenade qui se termine en escalade !

Quel plaisir de rouler en 4×4 dans le Wadi Rum !

La grande arche

La petite arche

Célestine affronte le désert du Wadi Rum en vélo !

Caonabo est planté, les enfants creusent !

Caonabo est bien planté dans le sable !

 

 

 

Bivouac d’un soir

 

Après le Wadi Rum, nous avons séjourné quelques jours au bord de la mer rouge à Aquaba.
Masques et tubas, nous avons exploré les barrières de corail et nous avons rencontré Némo, le célèbre poisson clown et tous ses copains. Le fond marin est magnifique !
On ne sait pas vraiment pourquoi on l’appelle la mer rouge : à cause de ses coraux, du sable rouge de la plage, ou des montagnes rouges de la Palestine qui bordent la côte ???
Quoiqu’il en soit, la côte est très belle. Seul bémol : chaque vendredi, la plage se transforme en quelques heures en une décharge !
Le vendredi des musulmans, c’est le dimanche des catholiques,  alors les familles arabes viennent camper sur la plage, faire des grillades, passer la journée….
Le samedi, la plage retrouve son calme, mais elle garde en souvenir les bouteilles de soda, les gobelets en plastique, les sacs en plastique, les chaussures cassées, les couches…
Un dépotoire…. De temps en temps, des hommes de la municipalité arpentent la plage et ramassent selon leur courage les déchets. Mais comme il fait chaud, le courage est bien bas !
Et la plage devient de plus en plus sale…. Et Némo nage au milieu des bouteilles et des pneus….. Dommage.
De toute façon, en Jordanie, la préoccupation des déchets est à la dernière place. C’est vrai qu’un déchet sur une plage se remarque plus que sur le bas côté de la route, mais les jordaniens jettent tout n’importe où.
Autre bémol : la Jordanie est un pays où l’eau manque crucialement, c’est le dixième pays le plus pauvre en eau. On pensait que faire le plein d’eau serait difficile, mais pas du tout !
Nous avons même eu l’impression d’être les seuls concernés par ce problème d’eau : les canalisations d’eau courent le long de la route et les fuites sont nombreuses et abondantes, les jordaniens nettoient terrasses et trottoirs à grandes eaux, les WC ou les douches qui fuient, des palmiers plantés  sur la plage pour améliorer le paysage mais arrosés abondamment….
D’ici une vingtaine d’années, les ressources en eau seront épuisées, et l’eau est gaspillée !
Pas toujours facile de voir cela sans se révolter…

En remontant vers la Syrie, nous avons visité Petra, une ancienne cité Nabatéenne avec ses tombeaux creusés dans la roche.
Quelle sensation de marcher dans le siq, une faille dans le massif montagneux, où l’on entend que le bruits de nos pas et de notre respiration qui se fait de plus en plus lourde avec la chaleur, où le soleil joue à cache cache avec la roche jusqu’à disparaître et de se retrouver nez à nez devant « Le Trésor », un tombeau Nabatéen.
Magnifique. Cette sensation est tellement époustouflante, qu’on aurait aimé d’autres siq débouchant sur d’autres tombeaux…. Mais, il n’y a qu’un seul siq…
Alors, c’est vrai, le site est beau mais nous avons tout de même été un peu décus… On ne s’attendait pas à ça, car une fois passé le siq et le trésor, on se retrouve dans une vaste vallée encerclée de montagnes creusées de maisons troglodytes et de tombeaux. C’est moins impressionant…

Le trésor de Petra

Le monastère

Et puis, nos visas sont arrivés à expiration.
Nous aurions bien aimé faire un tour en Palestine ou en Israël… Mais ensuite, il est difficile de traverser la Syrie ou l’Iran si les douaniers ont une suspicion de passage en Israël.
Nous n’avons donc pas joué avec le hasard, on préfère mettre toutes les chances de notre côté pour aller jusqu’en Inde !
Nous sommes donc retournés en Syrie, que nous avons traversé en 3 jours.
Et nous voici de nouveau en Turquie.
Je tiens tout de même à dire que traverser la Syrie est cher : 28 dollars de Visas par passeport, 100 dollars de taxe gasoil par semaine, 10 dollar de taxe de sortie par passeport…. Un petit budget !
Alors, avec le litre de gasoil à 33 centimes d’euro, on s’est dit qu’on allait faire le plein de gasoil pour économiser, car en Turquie, le prix du litre est à 1,50 euros.
Sauf que…. On ne peut aller en Turquie avec plus de 200 litres pour notre camion. On en avait juste 600 litres….
Alors que fait on à la frontière ??? On a le choix entre mentir et déclarer moins, mais les douaniers vérifient avec une jauge ; ou alors vider le gasoil sur le bitume, mais pas très écolo.
On peut aussi payer ENCORE une taxe gasoil en plus des 100 dollars déjà payés, ou trouver le douanier corrompu qui pour quelques dollars fermera les yeux….
Il ne faut pas beaucoup chercher le douanier, il vient à vous tout seul car il a flairé le bon pigeon et de loin !!!
Très rapidement, on passe vite du côté corrupteur avec le sentiment de s’être fait plumer ! C’est un peu rageant et laisse un souvenir amer !

Pour voir Célestine,  championne de plongeon, cliquez  ici : http://www.flickr.com/photos/ayabombe/4786143256/