Articles du mois de janvier, 2011

De l’Inde au Népal…

janvier 22nd, 2011

Avec un peu de retard…… Quelques mots sur notre passage en Inde et au Népal.

Après avoir été escortés durant 15 jours au Pakistan, quel plaisir de se sentir de nouveau libre comme l’air !
D’après ce que nous avions pu entendre ou lire de l’Inde, nous nous attendions à quelque chose de terrible: pays pouvant être à la fois grisant et éreintant. Finalement, la traversée du Pakistan a été une bonne introduction à ce que l’on peut vivre en Inde. Comme au Pakistan, on retrouve le bruit, la poussière, la saleté, les odeurs bonnes ou mauvaises et la foule. Mais la foule, les gens, le monde en Inde, c’est….. Inexprimable ! Peut être que seul le nombre de mouches pourrait concurrencer la population indienne….
Finis les bivouacs isolés avec la sensation d’être seuls au monde….. Caonabo est en permanence cerné par une vingtaine ou une cinquantaine de personnes qui attendent de nous le moindre geste, la moindre sortie….  Nous sommes bien contents d’être en hauteur dans le camion. Mais malgré tout, c’est très fréquent que les indiens ouvrent la porte pour nous voir ou voir l’intérieur de ce gros truc jaune ! Les plus agiles grimpent pour regarder par les fenêtres !
Nous sommes sans cesse entourés d’Indiens. On s’amuse à prendre une photo amusante, et c’est un groupe qui s’amasse autour de nous ! Quand nous faisons la lessive, ce sont vingt personnes qui nous regardent ! Nous retirons de l’argent à un distributeur automatique, et ceux qui attendent derrière nous en profitent pour regarder par dessus notre épaule ! Vider nos toilettes ne se fait plus dans l’intimité, mais avec un cortège de quelques indiens….. En effet, l’Inde est un pays très peuplé ! Mais on ne peut pas enlever aux indiens leur sourire, ce qui fait que même si parfois leur présence pourrait être horripilante, on ne peut que les trouver adorables !
Jean Noël trouvait la conduite difficile au Pakistan, mais en Inde conduire relève de l’exploit !
En plus des motos, des voitures, des bus et des camions, il doit aussi faire attention aux chameaux et aux vaches qui se promènent librement selon leur bon vouloir !
La vache qui dort au milieu de l’autoroute, ce n’est pas un mythe, c’est une réalité en Inde !
Nous avons même trouvé que l’Inde ressemblait à un zoo à grande échelle : en plus des vaches et des chameaux, on peut voir des éléphants, beaucoup de singes en liberté (nourris par les indiens, très agressifs ainsi que chapardeurs ! Il y en a même un qui a essayé de rentrer dans le camion !), des cochons noirs…..

Après un mois en Inde, nous sommes arrivés à la conclusion que c’était un pays où chacun faisait comme il en avait envie : jeter ses déchets n’importe où, se soulager où l’on veut, conduire en sens inverse, satisfaire sa curiosité en regardant ou en ouvrant la porte du camion….
Chacun fait ce qu’il veut comme il veut.
Seule la religion semble imposer des règles que les indiens respectent avec ferveur.
D’ailleurs, pour les hindoues (90% des indiens), les mariages sont arrangés : les jeunes indiens ne sont pas libres de choisir la personne avec qui ils veulent fonder une famille. Pour quelque chose d’aussi important, il n’y a plus de liberté ! 95% des mariages sont arrangés en Inde, ce sont les parents qui choisissent pour leurs enfants et cela dépend surtout de la dot de la jeune fille !!!
Le mariage en Inde est un rite religieux très important. Nous avons eu la chance d’être invités à un mariage. Formidable ! Si en France, un mariage se célèbre avec 100 ou 150 convives, en Inde ce sont entre 500 et 1000 invités !!!

Je pourrais parler de la pollution en Inde, de la saleté….. Mais il y aurait trop à dire, ou peut être même à pleurer….. Désolant.

Anecdote amusante : les indiens adorent nous prendre en photo ! Mais là aussi, de une photo on passe tout de suite dans l’excès avec une vingtaine de photos qu’ils prennent de nous!!! Les enfants sont sans cesse sollicités. On leur vole beaucoup de photos….
Même devant le Taj Mahal, les indiens n’ont pas arrêtés de nous prendre en photo, pourtant là, il y
avait matière à photographier !

Nous avons visité de nombreux temples dédiés à de nombreuses divinités. Le plus intéressant pour nous n’a pas été d’admirer l’architecture, mais d’observer les indiens prier, offrir des douceurs, des fleurs à leurs divinité, ou de les voir se baigner dans des eaux sacrées…. Très impressionnant !
Juste un mot sur notre visite du Taj Mahal : Sublime.

Nous voulions passer Noël au Népal, pour être plus tranquille, échapper à la foule et au bruit.
Le Népal, c’est comme l’Inde mais en différent ! Surtout, il y a beaucoup moins de monde et les népalais sont plus réservés.
On adore les Namasté que l’on nous lance de tous les côtés. Namasté signifie « Je salue le divin qui est en vous ». En le disant, il faut joindre les mains et les porter devant le visage. Les enfants népalais sont trop craquants quand ils nous saluent de cette manière !
Nous avons passé Noël à Pokhara, en face du lac Phewa, au pied de la chaine de montagnes de l’Annapurna. Cette année, pas de dinde traditionnelle ou de foie gras, mais un poulet grillé au feu de bois. Nous étions une vingtaine de voyageurs à célébrer Noël.
Le père Noël a réussi à trouver les chaussons de nos enfants, même aussi loin. Célestine se faisait beaucoup de soucis !!!
Pokhara est un lieu très touristique, mais on s’y sent bien.  Après avoir avalé les kilomètres en Iran et au Pakistan, nous avions tous besoin de nous arrêter quelques temps, de ne plus rouler tous les jours, c’est pourquoi cela fait maintenant un mois que nous sommes à Pokhara.
Nous allons maintenant reprendre la route pour visiter le Népal et retourner en Inde.

BONNE  ANNEE 2011 !!!! TOUS NOS VOEUX !

Nous avons été invités à leur mariage à Agra en Inde

Lumbini, lieu où est né Boudha

Les enfants avec des moines boudhistes

Nous avons été invités dans cette charmante famille à l’occasion d’une fête au Népal

Stéphanie dans le ciel de Pokhara en face de l’Annapurna

Noël au Nepal avec autrichiens, allemands, suisses, italiens et français

Nouvelle Célestine après 4 ans sans coupe de cheveux !

Coucher de soleil durant notre trek de Panchase

Annapurna 1

Chaine de l’Annapurna

Golden Temple, Armistar, Inde

Célestine très contente !

Ophélie et Anthony, nos compagnons de route pendant un mois !

Fête de Pushkar en Inde

Fort d’Amber en Inde

Célestine nourrit les éléphants !

Magnifique Taj Mahal

Fort d’Agra

Clémentine et Noëline ont fait un reportage sur une école de Pokhara, vous le trouverez ci-dessous.

Shamrock School Pokhara

Avec Noëline, nous avons visité à Pokhara, au Népal, une école recueillant des enfants pauvres ou en difficultés des sommets enneigés de l’Annapurna pour leur donner une chance d’avoir une bonne éducation.
Sushila, 27 ans, est directrice de cette école ouverte depuis 2006.
Crée et sponsorisée par un Irlandais, elle abrite aujourd’hui 61 élèves venant de toute part du Népal.
L’école reçoit chaque mois 34% des bénéfices de la société de cet Irlandais, ce qui va servir a acheter des fournitures scolaires, des vêtements au enfants, des ordinateurs, et à prendre en charge les frais d’hébergement….
Le principe est simple: les enfants peuvent étudier 6 ans dans cette école, ensuite ils cherchent des petits jobs pour financer leurs études au collège, ainsi ils n’étudient que le matin et travaillent à l’extérieur l’après midi, certains même travaillent à l’école en tant que professeur.

                                                   
La cour intérieur de Shamrock

Quels élèves choisir et comment ?
Une fois par an, Sushila et 3 «élèves-professeurs» partent en trek dans les villages et ils distribuent aux enfants qu’ils rencontrent un formulaire à remplir. Ensuite, ces enfants doivent passer une évaluation. Mais ce ne sont pas forcément  les meilleurs élèves qui sont choisis, mais ceux qui ont le plus besoin d’un soutien aussi bien moral que financier, ou ceux qui une fois sortis de l’école pourraient être un exemple pour les autres enfants, ceux chez qui la soif d’apprendre et de connaître est presque omniprésente. Sur 1000 enfants évalués, seulement 12 par an sont choisis.
Le but de cette évaluation n’est pas de scolariser le plus d’enfants possible, mais c’est aussi  de motiver les enfants qui n’ont pas été choisis, de leur donner envie de travailler dur à l’école de leur village pour réussir le prochain examen d entrée à Shamrock et leur faire comprendre qu’eux aussi auront peut-être la chance d être admis un jour dans cette école.
Le plus surprenant c’est que les professeurs ne sont pas choisis selon leurs qualités pour enseigner, mais selon leur manière de penser et selon leur façon d’être avec les enfants, beaucoup d’entre eux n’avaient jamais eu d’expérience avant d’enseigner a Shamrock !
 

                                                   
L’interview avec la directrice  

Sushila, aimez vous votre travail ?
«Je suis très chanceuse d’avoir ce travail, ce n’est pas un rêve: il y a des frustrations, c’est un métier stressant, ce n est pas un travail sûr, mais j’adore mon travail et j’essaye d’en apprécier chaque moment. Je sais plein de choses, j’ai beaucoup appris avec les enfants, j’ai pleuré et j’ai eu de nombreuses joies avec eux.»
 «Des enfants m’ont touchée profondément, c’est pourquoi je les considère tous un peu comme mes enfants»
«Mes enfants sont plus heureux que les autres enfants des autres écoles. Mes enfants ont plus de responsabilités que les autres enfants. Mes enfants ont plus de confiance que les autres enfants, leur anglais est très bon, et moi j’en suis très fière, c’est un gros prix pour nous»

Après l’interview avec la directrice nous avons eu l’occasion d’interviewer 5 enfants de 10 à 15 ans  qui ont accepté de répondre à nos questions:
Sushma et Kiran (10ans), Sandesh (13ans), et Indra et Bikendra (15ans).
Ils viennent de différents endroits du Népal, pour certains cette année scolaire est leur première année d’étude, pour d’autres leur dernière.
De religions différentes (hindous, bouddhiste….), ils sont tous amis et respectueux des uns et des autres.
Ils ont chacun des rêves sur leur avenir: ils voudraient devenir docteur, biologiste, ou alors animateur de dessin animé ou même astronome.

                                                     
L’interview avec les élèves

Que pensez vous de cette école ? Êtes vous contents d’étudier à Shamrock ?
Oui on est très content d’être ici, on a beaucoup d’amis, on a différentes activités (chaque matin on fait du jogging, on fait des jeux par exemple) on ne s’ennuie jamais dans cette école !

Si vous étiez président du Népal qu’aimeriez vous faire ou que feriez vous pour votre pays ?
C’est une question difficile à répondre !
Kiran a répondu qu’il ne voulait pas devenir président et donc qu’il n’avait pas à répondre !
Bikendra a répondu qu’il ferait une nouvelle constitution et mettrait en place un gouvernement fixe car l’actuel gouvernement change sans cesse, il pense que ce n’est pas bon car c’est une porte ouverte à la corruption ! Et il  voudrait aussi que le Népal soit un exemple pour les autres pays !
Indra a répondu qu’elle referait la loi pour en avoir une meilleure !
Sushma a répondu qu’elle ferait tout pour développer son pays !
Sandesh a répondu qu’il développerait son pays pour faire un nouveau Népal !

                

Sushma, Sandesh, Indra, Kiran

Nous avons adoré faire cette interview, c’était très intéressant et enrichissant et les élèves ont été  très accueillant et chaleureux avec nous.
Le soir, ils nous ont invités à assister à leur spectacle de danse Népalaise et de chants. Cela s’est terminé en une sorte de boum !
C’était un beau réveillon du nouvel an !

                                                                                          
La cuisine


Les chèvres


L’arbre de Noël

 Texte: Clémentine                                           
 Photos: Noëline