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De Potosi au Brésil ….

Expé août 31st, 2009

Potosi, une ancienne ville coloniale qui a connu son apogée au XVII° siècle, s’est developpée au pied du Cerro Rico,
cette montagne aux reflets rouge et ocre qui est à l’origine du developpement de Potosi. Cerro Rico signifie
« colline riche », en effet, cette colline a été l’une des mines les plus fabuleuses et productrices en Argent.
Les colons espagnols ont su tirer profit de ces richesses, tout l argent extrait de cette mine était envoyé en Espagne.
Une fois le filon épuisé, la mine a été délaissée, puis ensuite de nouveau exploitée par l’état Bolivien, mais cette fois
pour l’étain. Aujourd’hui le coût d’exploitation étant beaucoup plus élevé que le prix de l’étain, l’état Bolivien s’est
désintéressé de la mine tout en encourageant les mineurs à continuer à travailler en organisant des cooperatives privées.
Chaque jour, environ 6000 personnes travaillent encore dans le Cerro Rico.
Le mineur descend dans la mine quand il veut et choisit son temps de travail qui varie entre 4 et 6 heures.
L’entrée de la mine est gardée par une sculpture  d’ EL TIO dans la roche, le dieu de la mine. Des feuilles de coca
recouvrent ses pieds, dans le trou representant la bouche deux cigarettes sont en train de se consumer, l’air empeste
l’alcool à 90°C. Les mineurs viennent visiter El Tio deux fois par semaine et lui offrent ce qu’ils ont, tout en le priant
de découvrir le bon filon de minerai pur.
Pour lutter contre la fatigue et la faim, les mineurs mâchent des feuilles de coca, et boivent de l’alcool à 90°C.
Depuis 4 siècle, le Cerro Rico est exploité, les galeries se croisent, se recroisent et se superposent. On croit être seul
dans une galerie, quand sous nos pieds, dans une autre galerie, des mineurs s’activent. Cette colline est un vrai gruyère !
L’air est lourd, chargé…. Il est difficile de respirer.
Les hommes creusent la roche à la main, charrient sur leur dos des sacs de 40 à 50 Kg. D’autres poussent des wagonnets de plus de 300 Kg…..
Un travail difficile pour seulement 300 bolivianos par semaine, c’est à dire 30 euros……
Le dimanche, personne ne descend dans la mine. Mais pour oublier cette vie difficile, l’alcool est bien souvent salvateur…..                                                                                                                                                                                                                       Germinal au XXI° siècle !
Cette visite dans la mine restera un moment fort de notre périple…..
Si Potosi a connu son heure de gloire, on peut voir sur les façades des batiments, dans les rues toute l’ampleur de la décadence.
La misère se sent à fleur de peau.

 Après Potosi, nous sommes allés à Sucre une autre ville coloniale. Si Potosi nous montrait des façades aux couleurs défraichies, Sucre est une ville aux façades blanches. Magnifique.
Ville au climat plus doux, ville plus riche, on a aimé la blancheur et le calme de Sucre.
Berceau de l’indépendance, Sucre est la capitale officielle de la Bolivie.
Simon Bolivar y a même écrit sa constitution chargée de grands idéaux de liberté et d’égalité, mais elle n’a jamais été appliquée !
La Paz s’étant développée plus rapidement sur le plan économique, le pouvoir politique s’y est installé. Sucre a donc été, et est toujours délaissée. Régulièrement, les rues de Sucre deviennent le théâtre de nombreuses manifestations dans le but d’une reconnaissance en tant que capitale, et un retour du pouvoir politique à Sucre.

 

 Noëline achète les feuilles de coca pour offrir aux mineurs !

 Et Taddéo, ……. les bâtons de dynamite !!!!!

 La tribu est prête pour la visite de la mine …

 Petit arrêt devant « El Tio »

 Parfois, il faut escalader dans la mine !

 Le plus vieux mineur de la ville de Potosi, 64 ans !

 Et Tad, le plus jeune du jour !

 Marché de Tarabuco, le chapeau porté de côté signifie qu’elle est célibataire

 

Nous avons ensuite pris la direction de l’Oriente, à l’est de Santa Cruz qui est la métropole la plus peuplée de Bolivie avec une économie florissante.
Nous avons surtout silloné la région Chiquitania, pour suivre la route des missions jésuites.
Au XVIII° siècle, des jésuites sont venus dans cette région avec l’objectif d’évangéliser les indiens chiquitanos. Cette intrusion dans cette terre indienne ne s’est certainement pas faite sans heurts, mais elle a été plus pacifique et respectueuse des indiens que d’autres modèles de colonisation.
On doit la construction de ces missions à un jésuite suisse dénommé Martin Schmid, ce qui donne un style « très chalet suisse » aux missions.
Toutes les missions sont en bois et en pierre.
Les jésuites ont enseigné aux indiens le travail du bois et la confection d’instruments de musique, héritage encore bien présent dans la culture chiquitanos.
La région chiquitania était une terre de convoitise aussi bien pour les espagnols qui pensaient trouver un eldorado en or, que pour les portugais qui exerçaient un marché d’esclaves intensif. Après 200 ans d’un travail remarquable par les jésuites, le Vatican, inquiet de l’importance que prenait l’ordre des jésuites, l’Espagne et le Portugal mirent fin aux missions par un simple traité. Les jésuites ont tous été expulsés ou tués….
Héritage unique au monde, en passant par des constructions très baroque, très kitch au plus sobre, chaque mission est de toute beauté: piliers de bois, peinture ocre, marron et orange; sculptures de bois et surtout de nombreux petits anges.

Comme dans toute l’Amérique du sud, la religion a une place très importante. Dans certains villages, une messe est donnée chaque jour.
Les messes sont animées par un petit orchestre de musique et parfois une chorale d’enfants. Ces célébrations sont très vivantes et gaies.
Chaque village missionaire possède sa propre école de musique de très bonne qualité. Nous avons assisté à de nombreux concerts magnifiques.
C’était même surprenant de ressentir cet engouement musical, ici dans l’oriente où on a souvent eu l’impression d’être au bout du monde.

  

 San Javier

 

 Concepcion

 

 San Ignacio                                                                   San Miguel

 San Rafael

 Santa Ana

 Thermes d’eau chaude près de Concepcion

 

A San José de Chiquitos, nous avons fait la connaissance de Sophie, Jérôme et leur petite Swanne.
Sophie et Jerôme sont partis en 2000 pour un tour du monde en scooter pendant 3 ans. Ils ont trouvé ici, dans l’Oriente Bolivien, leur petit coin de paradis. Ils ont décidé de vivre en Bolivie et ils construisent un hôtel.
En voyage, on sait que chaque rencontre sera courte, car viendra un moment où l’on reprendra la route pour suivre notre périple.
C’est peut être pour cette raison que chaque rencontre est intense, authentique. On n’a pas de temps pour des préliminaires, pour se découvrir.
On s’aime tout de suite, et on vit chaque rencontre intensément et spontanément.
Nous avons passé presque une semaine ensemble, une semaine riche en amitié.
Célestine a beaucoup joué avec sa copine Swanne.

 

 Célestine et sa copine Swanne

  »Crèpes party » chez Jérome et Sophie (à gauche) avec Gerhard et Siegrid, voyageurs autrichiens

 Nous serons avec Gerhard et Siegrid les premiers invités de l’hotel, ….. en construction !!!!!

 Mission de San Jose de Chiquitos

Et c’est aussi à san José de Chiquitos que nous avons fait la rencontre insolite de Peter, un mennonite qui nous a invités dans sa colonie.
Dans la région de Santa Cruz, les mennonites sont très présents, on les reconnaît à leurs vêtements et leurs cheveux blonds.
Les hommes portent une salopette bleue sur une chemise à carreau, et les femmes portent une robe à plis de couleur sombre avec des motifs à fleurs. Les hommes portent un chapeau de cow-boy, et les femmes mettent un foulard et portent un chapeau de paille orné d’un ruban.
Ne connaissant pas ces communautés mennonites, notre curiosité aiguisée, nous avons accepté l’invitation de Peter.
Mais qui sont ces mennonites ?
Au XVI° siècle, lors de la séparation de l’église et de la Reforme, un prêtre catholique hollandais, Menno Simon, prône le baptême comme un choix d’adulte. Il crée ainsi sa propre doctrine et son propre groupe, les mennonites.
Les mennonites sont donc anabaptistes et pacifiques. Ils refusent tout modernisme dans la vie courante.
Les premières communautés se sont installées en Russie, puis au Canada. Ils ont ensuite migré au Mexique et au Paraguay.
Depuis une trentaine d’année, ils sont venus s’installer dans la région de Santa Cruz. Le gouvernement Bolivien les autorise à avoir leur propre système éducatif en allemand et de pratiquer librement leur religion dans leurs églises. En contrepartie, les mennonites doivent exploiter la partie orientale de la Bolivie.
L’état Bolivien ne les autorise qu’à travailler dans l’agriculture et l’élevage.
Aujourd’hui, ils sont devenus un moteur indispensable dans l’économie et le developpement de la région de Santa Cruz.
Ils sont arrivés à cultiver des terres là où aucun Bolivien n’y était arrivé avant….
Ils produisent du soja, du sorgho, du mais, du lait et du fromage.
A partir des axes routiers bolivien, il est presque impossible d’apercevoir les colonies. Il faut prendre une piste, et s’enfoncer plus loin dans les terres.
Quelques kilomètres plus loin, c’est comme si on changeait de pays et d’époque.
Les pistes sont propres, on ne voit plus de déchets sur les bas côtés.
On croise des hommes et des femmes sur des buggy tirés par un ou deux chevaux.
Pas de voitures, seul le bruit du camion résonne dans un silence troublant.
On aperçoit enfin les premières fermes:  une barrière de bois délimite l’entrée de la propriété, un petit chemin mène à une maison de briques rouges aux fenêtres blanches, quelques fleurs, un potager, des poules se promenant librement….
Dans chaque ferme habite une famille avec en moyenne entre 8 et 10 enfants.
Les enfants vont à l’école à partir de 6 ans et jusqu’à 12 ans pour les filles, 13 ans pour les garçons. L’enseigenement se fait en un dialecte allemand.
L’enseignement est rudimentaire: savoir lire, écrire, compter et étudier la bible.
A partir de 12 ans, les enfants sont enfin autorisés à aller à l’église pour terminer leur enseignement religieux.
Même s’ils restent libres de choisir d’y aller ou non, c’est tout de même vivement conseillé.
A partir de 9 ans, fini de jouer, on passe dans le monde des adultes et les enfants doivent aider aux taches ménagères et aider au travail de la ferme.
Seuls les garçons sont autorisés à apprendre quelques mots d’espagnol.
Les femmes ne parlent pas d’autres langues que ce dialecte allemand.
Les jeunes filles apprennent très tôt les taches ménagères et la couture. Chaque femme confectionne ses robes et celles de ses filles, et aussi pour certaines les salopettes des hommes.
Dans la vie courante, les mennonites refusant le modernisme, il n’y a pas d’éléctricité, pas de téléphone, pas de TV, pas d’appareil photo, et  surtout la musique est interdite.
Il n’y a bien sûr ni motos ni voitures. Tout objet moderne semble être considéré comme machiavélique voir satanique…..
Nous avons même été sermonnés pour avoir utilisé nos appareils photos, en ayant pourtant demandé l’autorisation.
Il nous a semblé qu’il était difficile pour les adultes mennonites de préserver des jeunes si influençables, du modernisme qui se trouve à portée de mains et à seulement quelques kilomètres de la colonie.
Certains jeunes sont même venus nous demander de la bière une fois la nuit tombée et à l’abri des regards des parents….
Les exploitations agricoles devenues de plus en plus grandes et les cultures intensives, les mennonites utilisent maintenant des tracteurs, seul petit excés de modernisme….
Au XVI° siècle, le choix du baptême était certainement un choix d’adulte responsable, mais aujourd’hui peut on parler de choix ????
Les jeunes filles sont complétement écartées du monde et de la vie moderne…. Quitter la colonie est une possibilité même pas envisageable.
Même si les hommes sont plus ouverts vers le monde exterieur, le choix de cette religion me paraît plus comme une suite logique de vie sans vraiment d’autres possibilités. Pas d’autre choix possible…. Naître mennonite, grandir mennonite, vieillir mennonite et surtout…. penser mennonite.                                                                                                                                                                                                                                     Les mennonites en vivant « entre eux » sont maintenant confrontés à des problèmes de consanguinité : il y a de nombreux enfants ou jeunes handicapés.
Cette intrusion dans cette colonie restera pour nous tous une experience unique et marquante…
Un camion jaune dans ce monde à part a attiré beaucoup de curieux…. De tous ces visages, de tous ces sourires , de tous ces regards rencontrés, il y en a un que je n’oublierai jamais: celui de Catarina, la fille ainée de Peter. Regard triste où on pouvait lire la résignation et la soumission….
« Dis, tu veux bien me donner ton camion. Comme ça, je pourrais me mettre à l’ombre et écouter de la musique américaine… » Parole de Gerhart, un jeune mennonite au moment de partir.

 

 Jean-Noël répare une pièce de Caonabo chez les Mennonites

 Les filles revenant de l’école

 Nous sommes l’attraction dans la communauté !!!!

 Les « buggy » garés devant le supermarché !!

 Les filles à l’école

 

Ensuite, nous sommes allés à Aguas Calientes, une rivière où par endroit des sources d’eau chaude jaillissent.
On a piqué quelques fous rire dans cette rivière !!! Là où l’eau chaude sort, le sable est mou et on s’y enfonce comme dans des sables mouvants.
Et puis la pression de l’eau nous fait ressortir du sable…. Quelle drôle d’impression !

  

 Mission de Santiago de Chiquitos et rocher de Chochis

 Et oups !!! tombe dans le sable !!!!

Nous sommes maintenant au Brésil, nous allons visiter le Pantanal, une région où la faune est très riche et facilement observable.

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