Et si on allait en Thaïlande ?

avril 28th, 2011

Après le Népal, nous sommes retournés pour un mois en Inde.
La validité de notre visa indien arrivant à sa fin, il nous fallait quitter le pays.
Pakistan ? Nous n’avions pas encore fait la demande de visas.
Bangladesh ? Ca ne nous tentait pas.
Népal ? Ben, on en venait….
Quelques clics sur internet, des billets d’avion bas prix… et si on allait en Thaïlande ?

Après avoir casé Caonabo dans une grande propriété dans la périphérie de Delhi, nous avons préparé nos bagages. Forts de nos 3 ans de voyage, nous n’avons pris que quelques tee shirts et shorts pour voyager léger. Les cours du Cned représentaient la part la plus lourde de nos affaires…Nous avons longtemps hésité: on prend les cours ou on ne les prend pas ????
Clémentine en plein stress pour le brevet des collèges nous a fortement conseillé la voix de la sagesse : nous les avons pris, même si c’est trop lourd !

Chacun son sac sur le dos, la première étape de notre voyage a été la liaison Delhi-Calcutta. Le train étant un moyen de transport très pratique en Inde et peu coûteux, nous avons opté pour cette solution. Et il est dit que venir en Inde et ne pas voyager en train, c’est comme goûter la cuisine indienne sans les épices ! Il fallait donc essayer, c’est chose faite !
Au guichet, l’indien préposé à la vente des billets Indian Rail était très souriant. Mais il a souri encore un peu plus devant notre stupéfaction quand il nous a annoncé 24 heures de train…. Et là où je l’ai trouvé très hilare, c’est quand j’ai refusé d’acheter un billet en première classe avec air conditionné, nous craignons le froid souvent glacial des climatisations….. Mais je n’ai pas tenu compte de ses petits sourires satisfaits, et puis pour 24 heures de train, pour 6 personnes, cela nous a coûté seulement 30 euros alors nous aussi nous avions de quoi sourire !
Le voyage  a été…. comment dire ? Typique. Je comprend mieux maintenant pourquoi la personne qui nous a vendu les billets de train avait des petits sourires moqueurs.
Des wagons bondés, des indiens qui dorment par terre à côté des toilettes, les joies de l’air frais provenant des fenêtres ouvertes avec le bruit des roues sur les rails et les odeurs d’urine et de crotte , les musiques indiennes toute la nuit venant des téléphones portables, des concerts de rots et de pets……  Sans parler de l’état de saleté du wagon… Un voyage interminablement long…..
Et comme si 24 heures de train dans ces conditions ne nous suffisaient pas, le train a eu la bonne idée de prendre du retard : le voyage a duré 31 heures…
Autant dire que la première chose que nous avons fait en arrivant à la gare de Calcutta, a été de réserver notre billet de train pour le retour : train express (18 heures), première classe avec air conditionné. Ce n’était plus le même prix que pour l’aller, mais je crois qu’on aurait été prêt à payer n’importe quel prix pour voyager dans de meilleures conditions !
Maintenant, on peut le dire : nous avons testé le train indien !
Nous avions quelques craintes pour la deuxième étape du voyage, Calcutta Bangkok, étant donné que nous avions des billets vraiment pas chers.
Mais dès les premiers pas dans l’avion, nous avons tout de suite ressenti l’accueil et l’organisation Thaï.
Dès notre arrivée en Thaïlande, le contraste avec l’Inde est flagrant: c’est propre, organisé, les klaxons se font moins entendre dans les rues, et il semble y avoir un code de conduite….
On a tout de suite adoré leurs sourires : les Thaïlandais considèrent que toute tache doit se faire avec plaisir, sànuk.  Ce qui est fait sans plaisir, devient une corvée, donc les Thaïlandais essayent de faire leurs taches, leur travail avec engouement, avec plaisir. Ils sourient donc tout le temps et c’est très agréable.
Ces sourires sont ils à l’origine de cette énergie qui nous a portés durant ce mois et demi ?
Ou est-ce seulement le changement de rythme qui a amené un souffle nouveau ? 
Toute la famille a senti comme un nouvel élan dans notre voyage; les enfants ont même baptisé cette escapade en Thaïlande « les vacances ». Délaisser Caonabo, changer d’hôtel tous les jours, sacs aux dos, c’était pour eux la grande aventure !
Malgré cet engouement familial, Célestine a tout de même laissé son mauvais caractère surgir : « Ouais ! C’est bien les vacances en Thaïlande, mais c’est moi qui ai le sac à dos le plus lourd, et c’est pas de la juste !!!!! »
J’ai tout de même du revoir à la baisse mes ambitions de « voyage baroudeur en famille »…. Le Cned pesait vraiment très, très lourd…. Ce qui au début avait un air de vacances a eu tendance à se transformer en calvaire lorsqu’il nous fallait chercher un hôtel, changer de bus ou de train avec nos sacs très lourds et la température qui grimpait de 1°C tous les deux jours. J’ai senti comme un début de mutinerie dans les troupes. J’ai ravalé ma fierté et mes ambitions pour investir dans un autre sac de voyage et surtout les roulettes qui vont avec! Délestés des cours du Cned, les sacs se sont faits moins lourds, les envies de rébellion se sont envolées et la bonne humeur est revenue même si nous avions moins fière allure avec notre « cabas à roulettes »! Et Célestine ne trouvait toujours pas ça juste : son sac était vraiment le plus lourd…..

               

              

   Vraiment trop lourd mon sac !!!!!!!!!!

Nous avons sillonné en train ou en bus, la Thaïlande du nord au sud avec un petit détour vers l’est pour aller au Cambodge, cette escapade a été très riche pour nous six.
On nous avait prévenu, la Thaïlande est très touristique, et pourtant cela ne nous a pas déplu de nous fondre au milieu des autres touristes. Nous nous sommes laissés porter par les excursions de groupe, les promenades en bateau proposées dans les hôtels, les randonnées à plusieurs….
Il faut aussi reconnaître que même si la Thaïlande est touristique, il n’y a pas  deux systèmes de prix: un pour les locaux et un pour les touristes. Après l’Inde et le Népal, nous avons beaucoup apprécié de ne pas avoir à négocier pour tout, même pour la nourriture.
On a adoré les temples clinquants, brillants et les bouddhas gigantesques. Pourtant les Bouddhas les plus vénérés sont souvent les plus petits.
La gentillesse des moines drapés dans des tuniques oranges a séduit nos enfants : ils ont toujours été invités à la prière, à sonner une cloche, à remettre leur avenir dans les mains de Bouddha et de quelques tigettes de bois, ou encore à se faufiler sous l’immense drapé orange d’un énorme Bouddha  pour appeler la chance et la bonne fortune.
Le matin, nous avons aimé voir déambuler les moines portant des calebasses pour demander l’aumône aux habitants.
Tous les jours, à 8 heures et 18 heures, l’hymne national est retransmis dans les rues et les villages par des hauts parleurs. Les Thaïs cessent toute activité et se maintiennent debout durant ces quelques minutes. C’est très drôle de se retrouver dans la rue à ces moments là : tout s’arrête et les touristes respectent aussi cette tradition.
On a délivré les félicitations de notre jury de voyageurs avertis et gourmands pour la nourriture
Thaï ! Nous avons retrouvé le plaisir de manger dans la rue : c’est propre, c’est succulent…
Un vrai régal ! Nous avons tout testé: du pad thaï aux nems, en passant par les soupes chinoises aux champignons, sans oublier les bananes frites…. C’était trop bon !

          

Manger dans la rue en Thaïlande, un vrai plaisir !

         

         

         

         

         

             

         

         

        

         

Bamboo boat et femmes girafes

         

Boxe Thaï à Chiang maï

         

En cherchant bien, vous pouvez voir Clem, Nono, Tad et Célestine !

Nous sommes restés au Cambodge seulement une semaine. Dommage, on aurait aimé avoir plus de temps pour découvrir ce pays et sa culture : après le régime révolutionnaire de Pol Pot et l’occupation terrifiante du Viet Nam, nous avons trouvé les Cambodgiens formidables. Ils sourient tout le temps, comme si leurs sourires pouvaient effacer le passé douloureux et leur offrir un avenir meilleur. Malgré notre incapacité à communiquer avec eux, ils ne parlent pas anglais et nous en parlons pas leur langue, ils étaient toujours prêts à nous aider. Tad et Célestine ont eu beaucoup de succès.
Nous avons visité les temples d’Angkor, témoins d’un passé faste et splendides. Très chouette !
Célestine a un  peu râlé comme toujours: « C’est nul de visiter que des temples ! Et puis il fait trop chaud ! »

    

Angkor à vélo !

    

    

    

    

    

Massage de pieds par les poissons !

    

    

Bamboo train ! Génial !

    

L’anni de Tad

Nous avons clôturé « les vacances » en nous échappant pendant quelques jours sur l’île de Koh Tao, aux plages paradisiaques et aux fonds marins magnifiques. Nous avons même eu la chance de nager avec des requins ! « Cooool » selon Clém !
Nous avons célébré le nouvel an Thaï sur l’île. Les thaïlandais ont une façon bien particulière de le fêter ! A l’origine, les parents, au cours d’une célébration, mouillaient les mains et la tête de leurs enfants pour les nettoyer, les purifier afin de commencer une nouvelle année. Le nouvel an correspond à la période la plus chaude en Thaïlande et cela s’est vite transformé en bataille d’eau géante !
Aujourd’hui, les thaïlandais sortent devant chez eux armés de pistolets à eau, de bassines et éclaboussent tous ceux qui passent à pieds, en moto ou en voiture. D’autres installent des immenses bassines à l’arrière des pick up pour arroser ceux qui restent devant chez eux et les passants.
Les rues sont inondées, tout le monde est trempé, les rires résonnent et la musique donne le rythme.
Célestine a appelé ce nouvel an « la fête à mouillé »! Elle a moyennement apprécié: c’était rigolo au début, mais après 4 heures à être mouillée toutes les deux secondes, c’en était assez pour elle.
Les plus grands, Clém, Noë, Tad s’en sont donné à coeur joie !
Jean-Noël était déchainé….

    

L’île de Koh Tao  

    

    

    

    

Fête à « mouiller » comme dit Célestine, ou nouvel an Thaï !

    

La Thaïlande est réputée pour le tourisme sexuel. La pédophilie est très sévèrement punie, et c’est tant mieux.
Nous avons croisé beaucoup de couples où l’homme est occidental et la femme Thaï.
Les hommes bedonnants, voir très grassouillets et pas beaux, la soixantaine bien sonnée, viennent chercher une âme soeur pour leur donner l’illusion d’une jeunesse encore présente, ou pour croire que la jolie fille à leur bras est là réellement par amour ou pour leurs beaux yeux et non pour leur portefeuille….
La jolie jeunette thaï espère mettre la main sur l’homme qui pourra subvenir à ses besoins et lui promettre un avenir meilleur.
Si nous arrivons à comprendre les raisons de ces jeunes filles, on blame, on déplore ces « vieux cochons »!!!
Nous avons croisé aussi beaucoup de garçons-filles ou filles-garçons, c’est à dire une garçon qui s’est transformé en femme. Parfois le doute persiste jusqu’au bout: vrai fille ou transexuel ????
Et si nous parlions des visas ?????
A notre arrivée en Thaïlande, nous sommes allés à l’ambassade indienne pour faire une nouvelle demande de visas. Cette demande n’a pas abouti car il existe une loi qui stipule qu’il faut un intervalle de deux mois entre deux visites en Inde. Aucune possibilité d’obtenir nos visas.
La seule solution est de demander un visa de transit de 3 jours valable 15 jours : nous voulions donc faire cette demande à la fin de notre séjour en Inde.
Nous en avons profité pour envoyer nos passeports en France pour faire la demande des visas pakistanais. En effet, il nous est impossible de les demander en Inde ou en Thaïlande, les ambassades respectives ne les délivrent que pour les résidents indiens ou Thaïs.
Notre jury de voyageurs décerne sans conteste les félicitations du jury et le prix d’excellence  à Madeleine pour sa patience et sa persévérance ! Après avoir été refoulée trois fois au guichet de la « cave-ambassade » pakistanaise et quelques mensonges, elle nous a obtenu nos visas !
Le prix de la paperasserie et imitation de signatures est décerné à Bernard.
Nous décernons le prix de la débrouillardise à Michèle pour nous avoir obtenu une copie de notre livret de famille en quelques minutes alors que le délai normal est de 2 semaines !
Bravo, et encore merci. Sans vous, on ne sait pas comment on aurait fait !
Dès que nous avons reçu nos passeports, nous sommes partis au Cambodge. Nous voyageons depuis 4 ans et nous sommes vigilants aux « arnaques » lors des passages de frontières. Et pourtant, nous nous sommes faits roulés dans la farine comme des bleus…. Du côté Thaïlandais,  des rabatteurs vendent des visas cambodgiens pour 30 dollars certifiant qu’il est impossible de l’obtenir à la frontière cambodgienne.
Méfiante, je suis allée au consulat du Cambodge proche de la frontière. C’était le même  discours: on ne peut pas obtenir de visas du côté cambodgien et il coûte 30 dollars.
J’ai donc acheté nos visas au consulat avec confiance, c’est une administration gouvernementale tout de même….
Frontière thaïlandaise passée, côté cambodgien, il était tout à fait possible d’obtenir les visas et pour 20 dollars !
Très en colères, notre seule consolation était de se dire que nous n’étions certainement pas les seuls à se faire piéger car l’arnaque est bien ficelée !
La veille de quitter le Cambodge, je me suis aperçue que les visas pour les moins de 12 ans sont gratuits !
Et nous les avions payés….
De retour en Thaïlande, la mission était de récupérer notre argent et notre honneur !
Jean No, caméra cachée, est allé en premier au consulat pour demander les prix des visas : même discours qu’une semaine auparavant, 30 dollars par visa. Il a sorti sa caméra et filmé le fonctionnaire au guichet ainsi que les locaux du consulat.
Je suis arrivée juste après lui. Calmement, j’ai expliqué au fonctionnaire en face de moi, celui qui m’avait  flouée une semaine plus tôt, qu’il n’avait que deux solutions: me rendre mes 110 dollars ou perdre son emploi avec la garantie que j’allais tout mettre en oeuvre pour qu’il le perde. La voix de la raison lui a soufflé de me rendre mes 110 dollars, et sans aucune opposition….
Mission réussie : argent en poche et honneur sauve !
De retour à Bangkok, à l’ambassade indienne, nous avons appris que la loi venait de changer le mois dernier: nous pouvions revenir avant 2 mois en Inde et donc obtenir un visa de 3 mois !
Incroyable Inde !

Notre retour à la gare de Calcutta !

Nous voici donc de retour en Inde.
On peut le dire, rien n’a changé en un mois et demi !!!! C’est toujours aussi sale, aussi bruyant, toujours autant de monde qui nous regardent….. On avait  presque oublié que l’Inde pouvait être si pesante parfois….
Mais, c’est une autre histoire….

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